BIOGRAPHIE & DÉMARCHE ARTISTIQUE
Delphine de Lorme, née à Paris dans les années 70, étudie la danse et le théâtre, puis débute sa carrière dans les médias tout en pratiquant la peinture. Sa première exposition a lieu en 2004, à la galerie Vivendi, place des Vosges à Paris.
En 2006, attirée par l’aventure, elle prend la décision radicale de s'installer aux Philippines. Elle expose dans de prestigieuses galeries à Manille, Singapour et Hong Kong. L'ouverture de son atelier de création de mobilier la pousse à estomper les frontières entre art et décoration, elle devient alors une décoratrice d'intérieur reconnue.
En 2013, elle s'installe à Yangon, au Myanmar. Sa vision artistique la conduit vers un nouveau terrain de jeu : la mode ! Elle cofonde la marque YANGOODS, devenue leader du secteur des accessoires de mode et qui compte aujourd'hui 17 boutiques à travers le pays
Toujours soucieuse des problèmes environnementaux, elle fonde en 2018 « YangonWalls », un collectif d'art urbain à vocation sociale et philanthropique qui transforme les rues poubelles de Yangon en une galerie d’art à ciel ouvert. Cette organisation a métamorphosé des quarters du centre ville et insufflé un nouvel élan à la vie communautaire. L'art urbain était interdit en Birmanie et personne n'avait jamais osé peindre sur les murs. Sa devise : « L'art change les gens et les gens changent le monde “
Après 18 ans d'immersion dans la culture vibrante de l'Asie, elle est invitée dans deux résidences artistiques au Portugal. Sa dernière série, réalisée à Lisbonne, marque une rupture avec sa pratique du collage des dernières décennies, tant par le sujet que par la technique. En octobre 2025, elle decide de s’installer à Essaouira au Maroc.
Le travail de De Lorme s’inscrit dans une peinture figurative contemporaine où l’intensité visuelle vise à provoquer une réflexion sur les absurdités de notre monde. Ses toiles grands formats, joyeusement acidulées et chargées de symboles, déploient un univers qui agit comme un miroir ironique de notre société. À la croisée de la figuration narrative, et du néo-pop, l’artiste propose des compositions séduisantes en apparence mais profondément critiques — Inégalités, surconsommation, greenwashing ou sexisme deviennent les motifs d’une narration picturale où la couleur et l’énergie du geste contrastent avec la gravité des sujets abordés, invitant les spectateurs à s’interroger et projeter leurs propres associations et interprétations.
Sa palette est audacieuse et immédiatement reconnaissable — roses poudrés, jaunes d’or, vert menthe ou nuances de turquoise —ses couleurs acidulées et tons pastel se mélangent, l’acrylique et le crayon gras recouvrent parfois des fragments de collage visibles à travers des jeux de transparence, créant des strates visuelles qui renforcent la profondeur de la texture laissant apparaître des mots percutants.
Entre vitalité chromatique et regard critique, la peinture de De Lorme n’ est pas seulement esthétique, elle est idée et réflexion.